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Quelques légendes de bretagne
Portsall
Le Dolmen du Guilligui
Sur le promontoire rocheux qui surplombe
l'anse de Portsall, le Dolmen du Guilligui jouit
d'un panorama sur toute la côte.
Depuis 1895, il est dominé par une croix
ornée d'un crucifix, autrefois dans l'enclos
de sa chapelle disparue de Saint-Usven.
Un siècle de coexistance pacifique entre
la foi chrétienne et une sépulture païenne.
Des fouilles ont permis de retrouver
des tessons de poterie, des éclats de silex
et une pendeloque en amphibolite:
c'est un lieu inspiré.
La Ville d'Ys
Sous les eaux de la baie de Douarnenez,
dorment à jamais les ruines de la ville d'Ys.
Le roi Gradlon en était le maître, et sa fille Dahut,
la princesse maudite.
La ville était défendue contre la mer par une digue,
et des écluses la protégeaient du flot de la marée.
Dans Ys, Dahut menait grande vie.
Un soir de fête, un prince qui n'était autre
que le diable, obligea Dahut à voler à son père
la clé des écluses.
Le Malin ouvrit toutes grandes les portes.
La cité fut engloutie en un instant.
Seul Gradlon, prévenu par Saint Gwénolé,
échappa à la noyade.
La Marie-Morgane
Marie-Morgane est la déesse des mers bretonnes.
Des mœurs légères, fille de plaisirs, elle n'est autre
que Dahut la fille damnée du roi Gradlon,
transformée en sirène.
Elle ensorcelle les marins et les entraine
au fond de la mer.
Elle déchaîne la tempête, mais aussi, calme le vent.
Si le soir, vous ne voyez point rentrer
un parent ou un ami, c'est Marie-Morgane
qui a encalminé son bateau au large.
Les Korrigans
à bord des bateaux
Ils sont petits, noirs, d'une grande agilité.
Ils agissent sournoisement à bord.
Ce sont eux qui défont les manoeuvres,
abattent les voiles brusquement,
se jettent sur les marins et leurs tirent les oreilles
pour leur faire avaler leur chique.
Parfois cependant, quand le bateau est propre,
ils savent lire le compas et réveiller
l'homme de barre qui s'endort.
Le soleil couchant
Chaque soir quand le soleil descend dans la mer,
s'éveillent les filles-poissons, les Morganes
qui déchaînent les tempêtes.
Les dragons et les serpents noyés par les saints bretons
Gildas, Pol ou Efflam se réveillent à leur tour,
et la vague dorée de soleil laisse échapper
comme un profond soupir venu du fond de l'océan.
Le Goéland argenté
Très souvent à la proue des embarcations, viennent
se poser des goélands qui semblent familiers.
Ce sont les âmes des capitaines ou des vieux marins
condamnés à vivre en penitence sous cette forme.
Ils reviennent ainsi dans les ports où ils ont vécu.
Ils vous regardent longuement et se laissent
quelquefois approcher.
Gare à celui qui les chasse.
Le mauvais sort peut s'abattre sur lui ou son bateau.
Le Cheval Enchanté
Certains soirs, sur la lande de Bretagne,
il arrive que l'on rencontre un cheval.
Il est seul. Parfois, il galope, mais le plus souvent,
il vous regarde paisiblement.
C'est un homme de Dieu, condamné à errer sans cesse.
Évadé du Château du Diable, il est ensorcelé.
Au lieu de crottins, il laisse derrière lui des louis d'or.
La Côte des Légendes
Sur la côte de Kerlouan
vivaient les paganiz, "paysans"
que l'on dit aussi "païens".
Car c'étaient de sacrés pilleurs d'épaves.
Il se murmure même, qu'à l'occasion,
ils donnaient un coup de pouce
au destin en provoquant les naufrages.
Pour attirer les navires en détresse
sur les rochers, ils promenaient
une vache, la nuit,
un fanal accroché aux cornes.
Légende?
La Pointe Saint-Mathieu
Voici bien des années,
un groupe de marchands léonards
parti trafiquer en Egypte,
s'empara du crâne de l'apôtre saint Mathieu
pour le ramener en Bretagne.
Le navire qui portait la précieuse relique
heurta un rocher au large de la pointe
extrême de l'Armorique.
Mais miraculeusement, la roche se fendit
en deux et le bateau put entrer sans encombre
dans le port du Conquet.
En reconnaissance, sur le promontoire voisin,
fut construit un monastère en l'honneur
du glorieux apôtre saint Mathieu